Commune de Varennes-le-Grand

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Les prairies humides : une richesse inestimable

Les prairies humides sont apparues il y a fort longtemps lors de la sédentarisation de l’homme et suite à la domestication des bovins. En effet, à cette époque, les hommes ont commencé à couper les forêts qui bordaient la Saône. Cela a créé des milieux ouverts qui ont été utilisés soit comme pâture, soit comme prairie de fauche, ce qui a permis le développement d’un nouvel écosystème riche en espèces adaptées à ce genre de milieu.

Ces prairies se sont développées sur des sols calcaires voire légèrement acides. Elles se caractérisent par une grande richesse en matière nutritive due à l’apport d’alluvions. Ces alluvions sont déposées lors des
crues de la Saône qui surviennent généralement à l’automne ou au printemps. C'est par tous ces facteurs que les prairies humides sont devenues des milieux uniques en Bourgogne. A Varennes, ce phénomène de crue est  déterminant pour la recharge des nappes phréatiques et pour la fertilisation des terres agricoles.

Sans doute, vous entendrez les vocalises si caractéristiques du courlis cendré, reconnaissable à son long bec. Si vous avez de la chance, près d’un ruisseau, vous apercevrez une cigogne blanche chassant les  grenouilles avec son puissant bec rouge qu’elle utilise tel un harpon. Sur un piquet de clôture, une pie-grièche écorcheur arborant un masque noir de bandit, saura attirer votre attention.

Les prairies jouent un rôle important contre les inondations car leur formation végétale particulière draine efficacement les pluies et protège les habitations les plus exposées.

De plus, les prairies inondées sont des milieux très favorables  aux oiseaux migrateurs. Varennes est d’ailleurs surnommé par certains "la petite Camargue bourguignonne". Cela transcrit bien l’importance des phénomènes cycliques de crue pour les hommes et la faune.

Ces milieux ouverts ont donc permis la colonisation de nouvelles espèces adaptées à ces habitats et sensibles aux modifications de leur biotope.

Varennes-le-Grand, composée de prairies de fauche ou de pâtures entrecoupées de ruisseaux, d’étangs et parsemées de saules têtards, représente un formidable milieu riche en faune et en flore.

Il suffit de vous promener un jour de printemps pour vous rendre compte de cette biodiversité. En effet, sur votre chemin vous pourrez admirer les couleurs jaune et vert olive de la bergeronnette printanière, ainsi que la poitrine chamois orange du tarier des prés, perchés sur les tiges de graminées.

Mais cette balade champêtre est aussi riche en espèces végétales et vous ne pourrez pas  manquer la sublime robe pourpre en damier de la fritillaire pintade, si caractéristique des prairies humides mais cependant très éphémère. A ses côtés, vous apercevrez sans doute la cardamine des prés ou la rare violette élevée.

Mais c’est au mois de juin que l’une des plus rares fleurs de nos prairies,  fait son apparition: l’orchis à fleur lâche, une espèce d’orchidée sauvage et strictement protégée, majestueuse mais si fragile. Au milieu de ces prairies, trônent ici et là des saules têtards aux formes aussi  farfelues les unes que les autres. Or ces "gueules de bois" abritent une multitude d’espèces comme la Chevêche d’Athéna (une petite chouette aux yeux d’or) ou la Pipistrelle Commune (une espèce de chauve souris, formidable chasseuse d’insectes).

 

                                                Plus loin, la fleur de coucou se fait discrète au milieu des hautes herbes, cependant la forme de ses pétales ne vous laissera pas indifférent.

C’est aussi au mois de juin que le plus rare des oiseaux qu’abritent les prairies varnoises se fait entendre. Oiseau fantôme inféodé aux prairies humides dont le chant, principalement nocturne, un "crex crex caractéristique" est le seul signe qui trahit sa présence, (rares sont ceux qui l'ont déjà vu), c’est le râle des genêts, petit oiseau un peu plus grand qu’une caille dont les effectifs étaient si nombreux, il y a encore 30 ans. Hélas, aujourd’hui il est classé  sur la liste rouge des espèces en voie de disparition.

La cause principale de son déclin étant la suppression des prairies de fauche. Depuis quelques années, Varennes-le-Grand représente son principal refuge dans toute la Bourgogne.

Il serait grand temps de prendre conscience des richesses qui sont juste à côté de chez nous, de les respecter

et par conséquent tout mettre en œuvre pour protéger les prairies varnoises.

Alexis REVILLON